Compte-rendu / Flashcamp #17 « Votre équipe, la ressource la plus précieuse » – Vincent Huet [16/10/18]

Par Alexis Echegut

L’équipe qui fait vivre l’entreprise et ses produits est une ressource clé, en particulier dans les petites structures en développement. Le management de ces équipes n’est pas une science exacte, et est souvent considéré comme l’exercice le plus compliqué par les responsables d’entreprises. Vincent Huet, ancien directeur sportif du Rugby Club Massy Essonne, actuellement entraîneur des jeunes à l’ASM et coach en entreprise, allie sport et management à l’occasion de ce Flashcamp #17 pour nous parler de sa vision de l’équipe.



SYNTHESE DE LA PRESENTATION

Entraîneur des joueurs de l’ASM, et en charge de recrutement au club, Vincent HUET est très bien placé pour discuter des fondements de ce qui fait une équipe soudée. Le monde des start-ups n’est pas son terrain de jeux, et pourtant, le collectif est universel, et l’on peut aisément faire le parallèle entre une équipe de Rugby et l’entreprise.

Le rapport à l’équipe: entre Rugby et Startups

A l’ASM comme dans tout staff de Rugby qui se respecte, on rassemble des joueurs, on s’entraîne, et on se réunit sous la même intention avant un match. Sans équipe, le job est inenvisageable.

Dans la start-up, il existe plus d’individualisme dans le sens où l’on peut réussir en petit effectif. Très vite, ce dernier peut grandir et des problématiques liées à la collaboration entre en jeux. Le manager se doit de donner des directives, et les “joueurs” doivent être présents pour que le bon fonctionnement de la structure soit assuré. Une bonne entente entre les membres est souhaitable.

Dans les deux cas, l’ambiance au sein des groupes peut rapidement impacter sur les performances et la production. Une équipe de rugby où l’ambiance est mauvaise a plus de chance de perdre un match, de la même manière qu’une startup peut échouer dans un projet commun. Une équipe soudée se révèle comme fondamentale si l’on veut assurer le futur d’un groupe de manière pérenne.

Les All Blacks, la référence absolue

Qui ne rêve pas d’un taux de réussite à 92.7% dans le monde de l’entreprise? Ce chiffre impressionnant appartient à l’équipe des All Blacks (France: 48%). Jouer contre cette équipe revient à placer son espoir de victoire à hauteur de 7 à 8% seulement. Au rugby, le scénario est différent de celui de la startup: on ne choisit pas l’équipe à affronter.
Au niveau des start-ups, si l’on sait son potentiel de réussite à 7%, nous ne prendrons même pas la peine de lire le scénario jusqu’au bout et l’on changera de stratégie; la prise de risque est trop importante.


Selon Vincent Huet, le rôle d’un coach est avant tout de se projeter dans la même histoire que les membres de sa propre équipe. Même face au All Blacks, même face à la plus grande des concurrences, Vincent Huet préconise de se réunir sous une même intention, celle de la communion des membres du groupe.

Face au All Blacks, la France reste soudée et se projette dans une victoire potentielle, aussi peu probable soit-elle. Sans une histoire commune, l’équipe connaîtra le désengagement de ses membres qui reviendront à leur propre histoire, leur propre peur de ne pas connaître le succès. A ce moment précis, la défaite est plus que probable.

Il y eut un jour où les Blacks sont tombés à un taux de victoire de 85%. Pourquoi? Un état des lieux réalisé à l’aide d’un coach en culture maori a permis de déterminer que des valeurs fondamentales ont été bafouées. Ils n’était plus « Whanau« . Des individualités ont émergé et le principe de famille a été mis à mal… Pour remonter dans les stat’, il faut retrouver une dynamique de famille sans faille. Ils ont mis en place un conseil de joueur permettant d’extraire les éléments perturbateurs de la bonne cohésion de l’équipe.

Les mécanismes de l’équipe performante

Identifier ce qui rend heureux son collègue de travail permet d’installer une relation de confiance relative et de se rassembler autour d’un désir de bonne entente au sein du groupe.

Il faut identifier communément ce qui fait un bon état d’esprit dans le groupe. Il n’y a pas de recette miracle, c’est à vous de déterminer le bon esprit de votre entreprise. Il est souhaitable d’être solidaire, tout le temps. En d’autres termes, il faut définir les valeurs communes à défendre et de se souder autour.

“Vous avez la boule au ventre avant d’arriver? Alors vous ferez semblant de faire le match. Le jour où ce sera trop difficile, vous allez vous extraire du groupe”

Identifier les problèmes et soigner son équipe

Inspirer par les travaux de P.Lencioni, Vincent alerte sur la nécessité d’analyser les fondements des dysfonctionnements. “La source d’un problème n’est pas toujours celle que l’on croit”. Voyez dans le schéma ci-dessous, les différentes sources de dysfonctionnement dans une équipe:


Il faut bien retenir que l’équipe est à l’image de ce que les gens apportent et de ce qu’il sont en capacité de donner. Le manager régule, et doit renseigner sur les valeurs que l’on doit défendre au sein du groupe. Le manager dicte le schéma, et l’équipe en remplie les cases.

“Ne pas avoir l’intention de fabriquer de la confiance, revient à fabriquer de la méfiance”

Un élément qui ne se sent pas en confiance aura du mal à donner son avis au sein d’un groupe. Alors que cette même personne peut être bénéfique en challengeant les décisions. Plus il y a de membre en situation de confiance dans un groupe, plus le succès est envisageable et réalisable.

Conclusion

L’équipe dans sa globalité, doit impérativement s’orienter autour d’un but commun. Les valeurs partagées par les différents membres agissent comme le ciment de la bonne entente professionnelle et viendra consolider les failles lors des éventuelles difficultés. L’édifice ne sera solide que si les fondations le sont. Enfin, confiance et solidarité sont de mise pour remporter le match final.

« Si l’on gagne, on le fait ensemble, si l’on perd, on le fait ensemble »


Captation, montage vidéo et synthèse écrite par Alexis Echegut, le Connecteur.