Compte Rendu / FlashCamp – La Levée de Fonds (13/03/2018)

Par Alexis Echegut

Le financement… point névralgique de tout projet d’entreprise, peut prendre diverses formes. Subventions, prêts bancaires, prêts d’honneurs… C’est à la levée de fonds, marqueur de l’univers des startups, que nous nous intéressons dans ce Flashcamp. Pour nous éclairer sur le sujet, Le Bivouac reçoit Adrien Pelletant, co-fondateur de Finkey, ainsi que Yoann Ribay, Directeur des participations à Sofimac Régions.


Intervenants de ce jour:


  • Intervention de Adrien Pelletant, Finkey

La problématique des réseaux

Selon Adrien et Finkey, tout passe par les réseaux professionnels, puisque vecteurs de confiance et d’opportunités. Mais ceux-ci n’en restent pas moins limitants… Les différentes parties prenantes sont en quelques sortes bridées dans leur champs des possibles lorsqu’il est question de la problématique des réseaux.

  • Les conseillers en financement (courtiers, leveur de fonds…): le réseaux se concentre autour du métiers. Ils sont ainsi limités dans l’accompagnement des dirigeants lorsqu’il s’agit de leur trouver des financements.
  • Les financeurs eux, sont hyperconnectés et reçoivent énormément de dossiers. Ils sont souvent hors critères d’investissement et perdent beaucoup de temps à analyser des dossiers qui ne leur correspondent pas.
  • Les dirigeants ont des difficultés à connaître les outils mis à leur disposition pour être financés.

Finkey intervient au cœur de ces problématiques et a créé un modèle hybride qui s’appuie sur le digital (algorithme de Matching) pour fluidifier les relations entre les différents acteurs de l’écosystème. Le but est ainsi de mettre à disposition des experts de proximité (réseaux local) auprès des entrepreneurs, dans un objectif d’accompagnement et d’accélération du process de financement.

Qu’est-ce qu’une levée de fonds ? Comment la gérer ?

Vrai processus qui nécessite réflexion auprès de l’entrepreneur, la levée de fonds est évidemment un sujet à ne pas prendre à la légère. Adrien Pelletant réuni ici toutes les questions que l’on doit nécessairement se poser afin de réaliser une levée de fonds pertinente. Quels montant lever ? Pour quels investisseurs ? Que faire de cet argent ?

Il apparaît pertinent de bien définir le cap de son entreprise afin de définir une stratégie conforme à ses ambitions. Un dirigeant tout seul peut difficilement gérer une levée de fonds et la mener à bien. Ai-je besoin d’être accompagné pour ma levée de fonds ? La réponse est alors toute trouvée.

« Certains patrons commencent leur levée de fonds, et trois mois plus tard ils reviennent vers nous parce que c’est le bazar… »

Chacun son métier… Quand certains créer et portent des projets, d’autres viennent en complémentarité répondre à des besoins d’accompagnement (Finkey). A terme, les financeurs sont là pour donner les moyens d’entreprendre dans de bonnes conditions. Le porteur de projet a tout intérêt d’accepter un accompagnement pour structurer sa levée de fonds. Trouver le bon financeurs, la bonne stratégie, maximise la réussite des projets. Accepter d’être accompagné, c’est aussi prendre soin de son entreprise.

Une bonne connaissance des réseaux de financeurs est alors primordiale si l’on veut cibler efficacement qui va venir prêter mains fortes à son projet. Un porteur de projet est ainsi analysé suivant de nombreux facteurs, comme son secteur d’activité, sa zone géographique, la technologie de rupture, son attractivité commercial…

« Innover c’est bien, on en parle beaucoup en France, mais qu’est-ce que l’innovation ? »

Pour Adrien, c’est une rupture technologique, beaucoup de financeurs font très attention à cela comme critère d’investissement Les stratégies de financement, le véhicule d’investissement, les structures juridiques, et les critères d’investissement varient donc suivants les financeurs. Tout porteur de projet doit se tourner vers le financeurs qui lui correspond. Finkey a pu identifier environ 5000 dispositifs de financement différents. A vos recherches… (accompagnés)

Ne pas oublier le facteur humain…

Leur expérience, parcours académique, professionnel…Ont-ils déjà créer des société ou non… ? Ce sont autant de critères subjectifs qui entrent en jeux quand à la catégorisation d’un porteur de projet par le financeur.

L’importance de la gestion du temps dans la levée de fonds

Il faut anticiper sa levée de fonds. Un process dure de 4 à 6 mois. La manœuvre est cadencée suivant plusieurs points bien spécifiques ; Finkey vient coordonner, accompagner et fluidifier l’ensemble :

« La donnée clef est le temps ! »

1   on fait la synthèse de la documentation.

2   on identifie les investisseurs potentiels

3   on rentre dans l’échange

4  on se penche sur le management de présentation, le porteur défends son projet

5   on fait une sélection de fonds d’investissement

6  on entre ensuite dans une phase de « do diligence » ou on audit la société (négociation juridique)

7   puis il y a un closing.

  • Intervention deYoann Ribay, Directeur des participations, Sofimac Régions

Que se passe-t-il dans la tête des investisseurs ?

«  C’est à nous de bien comprendre le projet pour répondre à vos demandes d’entrepreneurs. Nous sommes des intervenants de proximité. »

Chez Sofimac, Yoann Ribay possède toute une palette d’outils. La démarche est significative de l’intérêt porté aux entrepreneures. Il s’agit de ne pas être « sleeping », soit, il faut être présent, sans être envahissant. Sofimac challenge ses porteurs de projets collaborateurs et, en effet, l’humain est très important.

« Nous ne sommes pas des chefs d’entreprise, mais on essaie d’avoir une vision d’entrepreneur. La levée de fonds, ce n’est que le début… »

Chez Sofimac Régions, on prend en charge les fonds dédiés à l’innovation : les fonds jeremie innovation sont issus d’un programme de fonds public provenant de l’Europe et de la régions Auvergne Rhône Alpes. Il représente environ 54 000 000 d’euros (jeremie innovation 2 = fonds pré-participatif+fonds d’investissement capital développement+financement des plateforme d’initiative locale). Cette manne financière est dédiée à l’Auvergne environ jusqu’en 2020.

En Auvergne, souligne Yoann, la dynamique est fédératrice et intéressante au niveau de l’écosystème d’investissement. Il faut en profiter ! Chez Sofimac Yoann et son équipe veulent que leurs collaborateurs entrepreneurs franchissent une étape. “On pousse les entrepreneurs à la réflexion, et à l’optimisation de la légitimité de leur activité créatrice”.

Les tickets d’entrée à l’investissement dépendent des fonds, et les véhicules d’investissements sont multiples. Il s’agit de ne pas investir plus de 10% du fond dans une participation. Le seuil plancher se fait en fonction de cela. Chez Sofimac, les investissements se font sur une échelle de 150 000€ à 3 000 000€.

Yoann souligne l’importance du partage: “On aime partager le risque. On a une analyse du risque spécifique et on adapte les tickets d’investissement”. Les horizons d’accompagnement sont de 5 à 7 ans, avec un pacte d’actionnaire qui lie les parties prenantes. Il y a dedans une clause de liquidité qui souligne un certain engagement auprès de l’investisseur entré au préalable en capital. Lui permettre de sortir à la fin de ce pacte devient alors une des conditions préalables à une bonne coopération. En effet, un investisseur aura du mal à s’engager sans être assuré de pouvoir sortir. Il arrive que ce soit un échec. Dans ce cas, à la sortie, c’est un mandat de vente de la société qui sera mis en vigueur. Sofimac prend alors sa plus-value ou bien sa perte, ce qui comporte clairement une notion de risque.

« En 15 ans de métier, je n’ai jamais activé la clause de liquidité, on essaie toujours de trouver une sortie »

En règle général, un dirigeant sort en même temps que son investisseur ou bien en trouve un autre. Il souhaite la plupart du temps maintenir ce soutien, cet accompagnement, et si il n’y parvient pas, le vide est très souvent remplacé. Quand il y a une belle dynamique le dirigeant a souvent du mal à sortir.

Quelles relations concrètes avec les startups ?

Sofimac intervient au niveau de l’accompagnement (appels, rdv…). C’est beaucoup de communication. Il y a une mise en place d’un organe de décision, par exemple, un comité ou la société donne son avis sur le dossier entrepreneurial à raison d’une fois par trimestre, et plus si affinité…

“Il y a une demande forte de vivre avec vous l’aventure sans trop être présent. On s’assure que vous ayez les bons outils pour gérer votre société”


BONUS

Interview de Adrien Pelletant, Finkey

Interview de Yoann Ribay, Sofimac Régions


Vidéo replay de la présentation

Captation vidéo par Damien Caillard, montage et synthèse par Alexis Echegut