REX / Le Tour de France de l’Égalité femmes/hommes à Clermont

Par Cindy Pappalardo-Roy

En octobre 2017, Édouard Philippe et Marlène Schiappa ont lancé le Tour de France de l’Egalité, qui permet de mobiliser l’ensemble des acteurs de la société autour de deux objectifs principaux : faire progresser l’égalité des droits et assurer l’égalité dans les faits.

Son ambition est de donner l’opportunité à chaque citoyen et citoyenne de s’exprimer sur la manière dont elle ou il appréhende la question de l’égalité femmes-hommes et sur ce qu’elle ou il attend des pouvoirs publics pour la faire progresser.

Après s’être déroulé dans les 18 régions de métropole et d’outre-mer, le Tour de France de l’Égalité se conclura le 8 mars 2018, journée internationale des droits des femmes. Les priorités thématiques annuelles de l’égalité entre les femmes et les hommes seront alors définies.


Le 11 janvier dernier, Le Bivouac accueillait le Tour de France de l’Égalité à Clermont-Ferrand, organisé par Laurence Benoist et Frédéric Domon, deux des co-fondateurs de la société Preda. Nous avons interviewé Laurence, ainsi que deux participants extérieurs à l’évènement, Sophie Baud de GRDF Centre et Cédric Debacq, styliste d’entreprise.

Laurence, dites-nous, qu’est-ce que Preda ?

Preda est une startup clermontoise spécialiste du micro-learning. Nous proposons, via des applications mobiles ou des sites responsive, des contenus de formation basés sur des activités courtes qui ne demandent que peu de temps aux apprenants. Nous utilisons souvent cette modalité pour des actions de sensibilisation. D’où l’idée d’Ensembly : un produit pour les entreprises qui souhaitent sensibiliser l’ensemble de leurs salariés au sujet de la mixité, de la mixité et de l’égalité.

Le premier sujet qu’abordera Ensembly sera le sexisme au quotidien en entreprise. Nous souhaitons sensibiliser, sans stigmatiser, pour que les salariés puissent prendre conscience de certaines situations, que cela participe aux actions internes menées par les entreprises et qu’au final les comportements évoluent.

Quel était l’objectif de cet évènement ?

Le premier objectif, c’était de donner un point de départ pour le projet Ensembly. Nous souhaitons co-construire ce projet pour ne avoir du contenu qui sorte de nulle part : si on travaille avec les entreprises, notre produit sera plus adapté et le nombre d’idées plus élevé.

Le public était apparemment au rendez-vous …

Oui, c’est satisfaisant de voir que nous avons eu un public assez divers . Tout le monde a été assez actif, il y a eu pleins d’idées et des ateliers très animés. Il y avait aussi la télé japonaise sur place ! Le Japon s’intéresse de près à ce Tour de France de l’Égalité, ils ont vu ça au niveau national et ont voulu l’illustrer au niveau local, c’est-à-dire ici à Clermont-Ferrand.

Quel bilan en avez-vous tiré ?

Malgré la difficulté de se sentir en confiance quand on ne connaît pas les gens autour de nous, l’évènement a été plutôt concluant et a ouvert des pistes intéressantes. D’ici peu, nous organiserons d’autres ateliers, à Lyon, Paris et peut-être encore à Clermont, pour affiner les orientations que prendra Ensembly.

Un mot pour la fin ?

Malgré tout ce qu’on entend, toutes les lois, etc., il y a encore des choses à faire. On ne peut pas tout résoudre, mais chacun peut apporter sa « petite goutte ». On est sur un changement de culture, donc ça prend du temps.

L’atelier du 11 janvier au Bivouac, animé par Laurence (au fond)

Sophie, vous étiez au Bivouac pour cet évènement. Dites-nous en plus ?

Début 2017, j’ai eu l’occasion de discuter du thème de l’égalité Femmes / Hommes avec Laurence et Frédéric, de Preda. Après plusieurs échanges sur le sujet, j’ai trouvé intéressant de les partager avec d’autres entreprises.

Vous-même, vous représentiez une entreprise ?

Oui, l’entreprise GRDF, dont les idées sont en phase avec ces réflexions. On attend qu’une application sorte pour voir comment elle est. On a vraiment envie de se positionner ; ce thème correspond aux valeurs de l’entreprise et j’aimerais qu’on puisse faire quelque chose dans ce sens.

C’était important pour vous de venir personnellement…

À titre personnel, oui, ça me tenait à cœur d’y participer. Je suis responsable des Ressources Humaines, donc c’est lié, forcément…

Qu’avez-vous retiré de cet évènement ?

J’ai trouvé ça bien de voir que le sujet préoccupe d’autres personnes, d’autres entreprises, et que les choses avancent un peu. L’évènement a permis de produire énormément de matière pour développer un produit (celui de Preda, ndlr). Maintenant, à suivre ! Mais c’est sûr que plus on est nombreux autour d’une table, plus on arrive à sortir des choses.

Le mot de la fin ?

S’il y a d’autres réunions, je serai là. Il y a énormément de travail sur le sujet, un travail de fond, mais en faisant ce genre d’actions, on peut espérer que ça change les choses.


Vers 4 minutes, sur cette vidéo de NHK, quelques images de l’atelier du 11 janvier

Cédric, vous aussi étiez présent ; comment avez vous été amené à participer ?

J’ai vu passer l’annonce sur Facebook via Frédéric. Mon envie d’y participer venait notamment du fait que lors de la campagne législative, j’ai accompagné Pauline Rivière sur l’agglomération de Moulins. Elle avait été sollicitée par la secrétaire de l’égalité hommes/femmes. De plus, c’est un sujet sensible pour moi.

Comment s’est passé l’évènement ?

Il y a eu pleins d’idées et d’échanges. Parmi les personnes présentes, il y avait seulement deux hommes ! Peut-être la thématique n’intéresse pas, je ne sais pas… mais ça m’a surpris qu’il y ait autant peu d’hommes.

Êtes-vous venu à titre personnel ?

Oui et non. Je suis styliste d’entreprise donc je suis à mon compte. C’était une démarche personnelle mais je ne peux pas me dissocier de ma boîte !

Comment s’est déroulé l’évènement ?

Le but du jeu était que chacun livre des expériences. Au début, tout le monde a donc partagé avec les autres une expérience de harcèlement ou autre personnelle. Ça permet de briser la glace ! Moi-même je me suis demandé si j’avais dépassé des barrières, d’autant plus que j’ai été salarié en restauration, qui est un milieu très sexiste…

Le bilan de cet évènement était-il positif pour vous ?

Oui ! C’est toujours intéressant d’œuvrer pour ce genre d’initiative, qui a vocation de mettre les choses plus « terre à terre », disons plus en phase avec le monde réel d’aujourd’hui. D’autant plus qu’une idée est toujours susceptible de devenir un projet, donc il faut en discuter. Dans l’initiative de Preda, il y a une part de prévention dans l’outil.

Vous semblez vraiment impliqué dans cette cause…

Oui. Il faut parler du fond pour que chacun soit concerné et à sa place, plutôt que de juste évoquer la forme. J’ai d’ailleurs trouvé cela dommage que les médias français ne soient pas présents, même La Montagne… La télévision japonaise était là, car ce n’est pas dans leur coutume de parler ouvertement de ce sujet, et ça les intéressait de voir comment cela se passe ici ! Aussi, on a la chance d’avoir un ministère à disposition, il faut faire quelque chose de plus gros.