Une vie après un “talk” TEDx / Ariane Tichit

Par Damien Caillard
avec Cindy Pappalardo-Roy

Tous les dimanches jusqu’au 14 octobre inclus, nous vous proposons à 15h un entretien avec un speaker d’une édition précédente du TEDxClermont. Ils nous expliquent ce que leur talk leur a apporté.

>> Voir le talk d’Ariane Tichit en vidéo (TEDxClermont 2015)


Le Connecteur est partenaire éditorial du TEDxClermont 2018
L’évènement se tiendra le 20 octobre à l’Opéra et sera diffusé en live sur internet


Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis enseignante chercheuse à l’Université Clermont Auvergne et dépend de l’école de droit pour l’enseignement. Au niveau recherche, je suis spécialisée sur les monnaies non bancaires. Je suis membre active de l’association ADML63, qui porte notamment la Doume. C’est dans ce cadre que j’ai été sollicitée par l’équipe de TEDx en 2015 – Lionel Faucher voulait quelque chose sur les monnaies locales. L’association ne connaissant pas TEDx, elle a dit oui d’entrée de jeu, en pensant que c’était une simple présentation. J’étais déjà fan des TEDx depuis 4 ou 5 ans et mon rêve était d’en faire un. J’ai dit tout de suite oui.

Comment s’est passée la préparation au TEDx ?

Cela m’a demandé des mois de préparation, d’approfondissement et de clarification de ma pensée, que j’avais largement sous-estimés. Ça m’a permis de me rendre compte qu’il y avait plein de champs dans ce domaine, que j’avais à peine effleurés, et que je ne pouvais absolument pas transmettre tant que je ne les avais pas plus fouillés. J’ai eu l’impression de faire une mini thèse en trois, quatre mois ! J’étais en interaction avec Dominique [Aimon], mon coach, qui m’a énormément challengée … c’était hyper intense, mais ça m’a permis de vraiment avancer dans mon domaine.

Comment définirais-tu l’approche TEDx ?

TEDx, c’est de la vulgarisation, mais intelligente : on ne fait pas de raccourcis, ce n’est pas grossier ; c’est de la vulgarisation dans le sens où on a peu de temps pour véhiculer des messages profonds, amenés de manière rigoureuse mais en trouvant des images pour qu’ils soient percutants. Et ça, on a assez peu d’occasions de le faire dans sa vie. Pour faire de la bonne vulgarisation, il faut être ultra pointu dans son domaine. Le travail de forme était de définir ensemble ces images et de structurer le speech. Dominique m’a aidée à faire émerger des éléments personnels pour mieux argumenter. Sur la forme pure, ça allait globalement, mon métier étant de parler en public, mais ils m’ont aidé sur le débit – notamment pour les sous-titres de la vidéo. J’ai travaillé à ralentir la diction.

Tu utilises ces techniques de storytelling également dans tes cours …

Le storytelling, c’est un outil de transmission de message que j’utilisais, mais pas consciemment. Depuis, je me rends compte que c’est un outil précieux, que j’ai cultivé d’autant plus. Dans mes cours, je prévois des respirations où j’insère des éléments personnels, pour amener une charge émotionnelle : on retient de l’information quand elle est associée à une émotion – positive ou négative. La théorie, les idées, sont souvent très abstraites ; il faut les ancrer dans du concret, ça aide l’auditoire à faire le lien. Je pense que c’est ce que doit amener un enseignant chercheur.

Peux-tu nous résumer l’objectif de ton talk au TEDxClermont ?

J’ai pitché à l’Opéra de Clermont en octobre 2015 sur le thème “nos fausses idées sur la monnaie”. Cela partait de la déconstruction de certaines idées qui continuent d’être véhiculées sur la création monétaire et le fonctionnement du système, qui sont fausses et qu’on retrouve un peu partout dont les manuels scolaires ; cela n’aide pas à comprendre [ni le] pourquoi, [ni] l’intérêt des alternatives monétaires. Le talk part de ce constat, de la déconstruction des idées reçues pour arriver à faire comprendre l’intérêt des monnaies locales complémentaires.

Que t’as apporté l’expérience TEDx ?

Tout d’abord, j’ai beaucoup bénéficié de la forte exigence sur la forme. Ensuite, par les contacts que cela m’a apporté ; ça m’a poussé à m’ouvrir sur d’autres champs : en 2016, j’ai été sollicitée pour être la marraine de l’association le Sou en Mayenne, et la vidéo me rend très référencée sur les moteurs de recherche. J’ai pu rencontrer le mouvement des Monnaies Libres avec Stéphane Laborde, le penseur théorique, ce qui m’a ouvert un champ sur l’utilisation potentielle des crypto-monnaies. Je travaille désormais sur la convergence monnaies locales-cryptomonnaies, qui est un domaine quasiment inexploré pour le moment

Ce qui est assez fondamental, c’est que ça me fait une carte de visite de dingue ! Par exemple, j’ai deux collaborations en cours pour des ouvrages, par des gens qui ont vu mon TEDx et ainsi le ton que je peux avoir, le sujet que j’aborde, etc. J’ai aussi été sollicitée par une association pour participer à un film pour les établissements scolaires, pour faire un support sans erreur. Le fait que ça soit une vidéo TED est important. C’est chouette pour moi et pour l’équipe TEDx que, deux ans après, ça continue de fonctionner.

Es-tu encore en contact avec l’équipe de TEDx ?

Oui, ils m’avaient sollicité pour participer à la soirée de la Générale [en 2017]. Et même si c’est dur de passer du temps aujourd’hui, je serais partante pour refaire un talk sur mes nouveaux champs : les innovations sociales mêlant des monnaies non bancaires et un revenu d’existence. C’est l’avenir, et c’est une idée qui mérite d’être partagée.

Photo de Une et vidéo du talk : TEDxClermont
Entretien réalisé le 2 octobre 2017. Propos synthétisés et réorganisés par la rédaction pour plus de clarté, puis relus et corrigés par Ariane.


Vous pouvez contacter directement Ariane par mail pour en savoir plus


Le talk d’Ariane au TEDxClermont 2015 :

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